mercredi 16 juillet 2014

La loi de Murphy.




Sur un voilier, tout ce qui peut tomber en panne va tomber en panne.
Antoine à une formule pour ça : 
« Toute mécanique, particulièrement nautique, même la plus simple, connaît un état normal, naturel, stable, appelé état de panne. On peut, dans certains cas, au prix d'efforts constants et pour une durée toujours limitée, la maintenir dans un état anormal et parfaitement instable, appelé état de marche ».
Quand j’ai installé le nouveau pilote, j’ai conservé l’ancien à poste et fait une dérivation des câbles vers le nouveau. C’était dans le but d’avoir un pilote de secours quand j’aurais réglé le problème du compas flux du SPX 5.
Grave erreur ! Dans l’industrie, quand on change un système on change aussi les câbles pour des neuf, ce que je n’ai pas fait. Ce qui devait merder à merder. Le câble du vérin est un peu trop court et traverse la soute bâbord sans protection ni attache. Lundi j’ai rangé  le bateau et j’ai glissé l’échelle dans la soute. Se faisant, le pied de l’échelle a tiré sur le câble. J’aime l’idée que l’état de panne et un état naturel et stable, mais, il n’en est rien. Soit on fait les choses bien, soit on bricole et on va directement vers les emmerdements. Je fais souvent les choses à la va-vite, c’est ma nature, je ne suis ni méticuleux, ni très habile. Évidemment, l’endroit est difficilement accessible et je vais me contenter d’un bricolage. Je ferais tout bien aux Canaries si j’y arrive un jour. Faire aujourd’hui l’inventaire de tout ce qu’il y a à corriger serait se tirer une balle dans le pied. On verra bien, Moitessier disait : « l’essentiel c’est de partir » et les problèmes peuvent se régler en route. Oui, mais ça gâche un peu le bonheur d’être sur l’eau.

mardi 15 juillet 2014

Fatalitas !



Je me suis levé tôt pour préparer le voilier. Les écoutes sont claires, le câble électrique et l’antenne Wifi rangée. Je petit-déjeuner tranquillement, car il n’y a rien qui presse, j’ai de l’eau jusqu'à 11 h, mais pas de vent. Il devrait arriver cette après-midi. La fenêtre météo n’est pas excellente et je devrais me faire secouer vers jeudi avec en plus une renverse de vent dans le pif. Plus je consulte les fichiers Gribs et moins je leur fais confiance. Je pensais la météo marine plus précise que la météo nationale, c’est du kif.
9h30, il me reste encore à faire le plein de gasoil, moteur, une alarme retenti. C’est quoi encore ce truc ? Le pupitre du pilote me dit : No Pilot. Je n’ai pas encore mis le vérin du pilote, mais d’habitude il ne dit rien, c’est bizarre. Il a plu beaucoup avant-hier et peut-être la prise est noyée comme c’était le cas de celle de l’électricité hier. Je passe un coup de soufflette et branche le vérin. Tout pareil, ça ne marche pas. J’éteins , je rallume, pareil. J’ouvre le capot du calculateur pour voir si rien ne s’est débranché, rien.
C’est foutu pour aujourd’hui. En soi ça n’a aucune importance, aujourd’hui, demain, mais ça me fatigue. Je pars en ville au bistrot, je verrais ça plus tard…Ça me saoule !

lundi 14 juillet 2014

Le vacancier moyen.




C’était super ces petites vacances à Saint Denis d’Oléron malgré les quelques jours de pluie. Le port est agréable et tout marche bien, le Wifi, les sanitaires, l’électricité…
Le petit bourg de Saint-Denis n’a rien d’exceptionnel, tout est là. Bistrot, marché quotidien, tabac, journaux, superette…
J’aime les endroits simples, je pourrais rester à glander ici longtemps, mais il est temps de remonter sur mon cheval. Je devrais toucher des vents d’Est, mardi ou mercredi. La marée haute est à 7 h 30 ou 8 h 30. Décollage prévu mercredi 7 h après avoir fait le plein de Diesel, direction l’Espagne, La Corogne.
Il y a 340 miles à faire, à raison de 90 miles par jour, ça devrait donner 3 jours et demi, disons 4. J’ai à peu près tout ce qu’il faut dans le navire, juste les bidons de gasoil à remplir. J’ai hâte de voir ce que ça donne avec la dérive bloquée à 1m90.
Hasta Luego.

Dans tous les ports, il y a des Mulets. Ici l'eau est vraiment propre.


jeudi 3 juillet 2014

Pétole et marée basse.



Mis à l’eau mercredi à 9 h je suis parti des Minimes aussi tôt pour St Denis d’Oléron. Il y avait un souffle d’air, mais très vite le calme plat s’est installé. À 1 mile du port de St Denis j’ai 3 mètres d’eau sous la dérive et le fond continu de remonter. J’appelle le port à la VHF qui me confirme que je ne pourrais pas entrer avant 17 h 45. Demi-tour presto à 2.60 m de fond. C’est assez ironique ; la semaine dernière, je serais entré sans problème en relevant la dérive à 1.10 m, mais aujourd’hui avec la dérive calée à 1.90 m la donne a changée.
Une petite après-midi à faire des ronds dans l’eau. Le voilier glisse bien mieux depuis son carénage, mais j’ai toujours autant de mal à le régler. Les voiles en ciseaux avec très peu de vent et une mer plate, il ne marche pas si mal et un feeling 316 sous spi seul, n’arrive pas à me remonter. Pourquoi n’a-t-il établi que son spi ?


 À 14.00H je suis tanqué à côté d’un tanker au mouillage en plein milieu de rien. Le pilote électrique fait trop de bruit et n’ai pas très efficace avec si peu de déplacement. Je reprends la  barre  sur un cap allant  du 205° au 245° avec en point de mire fort Boyard. Je désespère de pouvoir un jour régler correctement ce foutu bateau.


 Le vent remonte un peu, mais je l’ai dans le pif pour rejoindre le port, je tire des bords de prés pas trop carrés, j’avance. À 18.00 h il y a foule pour prendre le petit chenal et nous sommes une dizaine de voiliers à la queue leu leu. Le personnel du port est gentil, serviable et efficace. J’accoste tout bien au ponton à gasoil en attendant qu’on m’attribue une place, puis sur son dingui un jeune homme m’accompagne au ponton C place 72. C’est la première fois que je m’amarre à un catway avec très peu de place et ça se passe sans aucun problème. Cette place devra être libérée d’ici 48H. Il me faudra à nouveau refaire une manœuvre d’accostage et je n’aime pas ça. C’est la vie.
En direct live, exclu : jeudi 3 juillet 11h, je change de place pour la C50. J’ai compris que je ne peux pas faire de marche arrière tribord dans un petit espace. Je sors de ma place bâbord arrière et vais faire un grand tour dans le port pour me présenter à ma nouvelle place qui est à 30 m de l’ancienne. Nickel.

mardi 1 juillet 2014

Fin des travaux.



J’ai passé 8 jours au chantier des Minimes. Pendant que les techniciens du chantier s’occupaient de la dérive, j’ai repris quelques écailles de peinture et refais un carénage de la coque. Pour la dérive, il n’y a pas de solutions miracles. Le saumon dans lequel rentre la dérive n’est pas parallèle sur sa hauteur, en d’autres termes, l’ouverture est plus large en bas qu’en haut. Si elle est bien calée par des patins dans sa position basse, elle ne peut plus rentrer et si elle est calée pour sa position haute, il y a un jeu important en bas. Nouveau tirant d'eau,1.90 m, mais au moins la dérive ne bouge plus et c'est mon choix.
Mise à l’eau demain matin et départ pour Oléron, certainement jeudi matin.